L’Histoire de la Robe

L’Histoire de la Robe

Parmi une des premières formes de vêtements a voir la jour, la robe a pourtant connu de rapides et nombreuses transformations au cours des siècles. Par définition, la robe est un vêtement composé d’un corsage/ d’un haut et d’une jupe lié d’un seul tenant. 

L’aiguille est inventé à la préhistoire, mais c’est grâce à la sédentarité et à la démocratisation du tissage que la robe apparaît.

Une histoire riche de plusieurs millénaires

La Robe de l’antiquité jusqu’aux croisades

Les égyptien-ne-s, assyrien-ne-s, grec-que-s, romain-e-s portent des rectangles de tissus noués à la taille et complétés par un autre rectangle autour des épaules et retenu par une fibule. Progressivement, le rectangle devient une tunique, longue elle aussi pour éclipser la jupe. À ce moment là, le vêtement est encore unisexe.

Entre le 7e et 1er avant Jésus-Christ, on porte la tunique/ chiton. Il atteint les genoux pour les hommes et les chevilles pour les femmes et s’attache aux épaules par une agrafe et resserré à la taille par une ceinture. La tunique évolue ensuite avec les étrusques vers une toge, plus ample que la simple tunique. Sous l’empire, on superpose les tuniques l’une au dessus des autres. Les femmes y ajoutent une sorte de brassière ainsi qu’un grand châle. La robe devient brodé, frangé et se parle de couleur sous le règne byzantin.

À partir des croisades, la robe se féminise. Les hommes privilégient le pantalons et les robes deviennent plus ajustées au buste. Elles deviennent également plus raffinées, plus luxueuses. 

À quoi ressemblait les robes au Moyen-Âge et à la Renaissance ?

Au 12ème siècle, la jupe recouvre entièrement les pieds. À la fin du 14ème siècle, le corset émerge. La robe devient un assemblage de corsage plus ou moins rigides et multiples jupons. Puis, sous Charles Quint, les couleurs s’assombrissent et les corsages sont rembourrés pour effacer les plis. Les jupes sont également rembourrées pour amplifier les hanches et amincir la taille. 

Un peu plus tard, au 16ème siècle, la robe devient plus rigide avec l’arrivée des corsets à armatures et des crinolines. Le corsage devient parfois si décolleté qu’il est parfois nécessaire de porter une sous-robe de tissus fins. Les manches sont larges, décorées de crevés et de dentelle. 

Les tendances françaises, au 18ème siècle, commencent à se répandre en Europe. La robe volante, plus décontracte, se démocratise. Mais cela ne dure pas et les cerceaux et les baleines reviennent rapidement amplifier les jupes. 

La Révolution des Robes

C’est la Révolution française qui vient modifier le style des robes. Ce qui rappelle les fastes de la monarchie est dénigré. On assiste au renouveau de la simplicité. Les armatures et les tissus lourds sont supprimés. Les robes s’apparentent à de grandes chemises blanches, parfois si transparentes que des collants deviennent nécessaire. 

Avec Napoléon, on revient avec un style empire ou la robe est resserrée plus proche de la poitrine. À partir de 1822, la taille redescend à sa juste place et le corset redevient de rigueur. Vers 1830, pour la première fois, les jupes se raccourcissent. Les années 1840 se caractérisent pourtant par une grande pudeur vestimentaire malgré les progrès techniques et sociaux. 

Dans la 2ème partie du 19ème siècle, les jupons superposés laissent place à un jupon unique.  La robe devient plus légère et les femmes commencent à porter des caleçons moulants à dentelles en guise de sous-vêtements.

Naissance de la robe de Haute couture

Avec Worth, la Haute couture voit enfin le jour. Dans les années 1870, Paris perd son hégémonie sur la mode. Les déshabillés deviennent aussi luxueux et sophistiqués que les vêtements du dessus.

Avec Paul Poiret et Chanel, la robe se libère du corset et de la silhouette en S. De la robe cloche, on passe à la jupe culotte et au tailleur. Les robes se font plus légères. Elles aplatissent les lignes du corps et la jupe devient plus étroite. 

Pendant la première guerre mondiale, les anglais fabriquent des vêtements plus pratiques, afin de rationaliser le tissu. On voit apparaître les premières robes tuyau. La robe se raccourcit petit à petit et découvre le genou dans les années 1920. 

En 1926, Chanel donne naissance à la petite robe noire. Après l’effacement des formes dans les années folles, on se remet à révéler les hanches et le galbe des fesses. Pendant la guerre, les différences de classes se lissent et les tissus se font moins noble. Les styles se diversifient et le design des robes explosent.

Dior, Balanciaga et Yves Saint Laurent

En 1947, Dior se rend célèbre grâce à sa ligne corolle, « New Look » qui reprend les lignes d’avant guerre: une taille fine et des jupes évasées. Dans les années 1950, on trouve les robes-chemisiers, les robes cocktails, et les robes longues du soir.

En 1955, Balanciaga contrebalance le New Look avec une robe tunique. Plus tard, en 1965, YSL sort sa fameuse robe Mondrian.

Ensuite, en 1970, la robe longue revient de retour avec le mouvement Hippie. Dans les années 1990, on joue avec le destructuré et l’asymétrie. 


Comme on peut le voir, la robe est un vrai reflet du statut et de la condition des femmes. Aujourd’hui encore, la robe pose problème. Symbole de chic et de séduction, elle évoque moins une tenue de travail ou de sérieux.

Laisser un commentaire